Réputé pour ses scènes de genre et les vues de parcs et d’intérieurs de châteaux, notamment à Versailles et Fontainebleau, Henry Tenré s’illustre également comme portraitiste mondain. Au pastel, il réalise d’ailleurs essentiellement des portraits, s’inscrivant ainsi dans la lignée des maîtres du XVIIIe siècle. Ce médium, à la frontière du dessin et de la peinture, est en effet particulièrement adapté à ce genre : il permet un travail plus rapide qu’à l’huile car sans temps de séchage, donc un temps de pose réduit pour le modèle, et son aspect poudreux est parfait pour rendre le velouté des carnations.
Notre portrait en pied du baron Pierre Coche de La Ferté (1896-1967), alors âgé de 4 ou 5 ans, et de son barzoï témoigne de la virtuosité d’Henry Tenré au pastel, qu’il utilise de manière assez graphique, à renforts de traits et de hachures, dans une variation subtile de tonalités bleues et beiges, et de son habileté à rendre à l’aide des batônnets colorés les différentes textures du vêtement ou le pelage de l’animal de compagnie.
Ici figuré dans l’insouciance de l’enfance, Pierre Coche de La Ferté combattra durant la Grande Guerre en Serbie puis parmi les chasseurs d’Afrique avant de s’engager à partir de 1921 dans une carrière diplomatique, qui le conduira notamment du Quai d’Orsay à Copenhague, Varsovie et Belgrade.








