Daté de 1918, ce dessin d’Edgard Maxence représente une jeune femme en buste, coiffée d’un voile surmonté d’une couronne et auréolée. Ses nattes rousses ornées d’un ruban blanc permettent de la rapprocher de la Vierge du tableau Rosa mystica, exposé la même année au Salon de la Société des artistes français et reproduit dans La Gazette des beaux-arts.
Le visage de la Vierge, traité avec finesse et conservé en noir et blanc, contraste avec l’exécution plus esquissée de la couronne, du voile et du vêtement, rehaussés de touches colorées qui confèrent à l’ensemble une subtile vibration décorative. L’iconographie mariale est ici renouvelée dans un esprit profondément symboliste, où la spiritualité passe notamment par l’intensité du regard, presque hypnotisant. La frontalité de la figure et la symétrie de la composition renforcent d’ailleurs son caractère hiératique et envoutant. Cette feuille témoigne de la permanence, chez Edgard Maxence, d’un idéal féminin empreint de mysticisme et de douceur, caractéristique de son langage artistique.
L’iconographie de la Vierge comme « rose mystique », symbole de pureté et de perfection spirituelle, retient particulièrement l’attention d’Edgard Maxence au début du XXe siècle. Il en propose plusieurs variantes, notamment une aquarelle exposée au Salon de 1904 et un carton pour la mosaïque du chœur de la Basilique Notre-Dame du Rosaire de Lourdes, construite entre 1894 et 1907. Une esquisse du tableau de 1918 est également conservée à la National Gallery of Victoria de Melbourne.





