Cette peinture à l’huile d’Émile René Ménard est une variante du pastel La Mare réalisé en 1912, identifié par sa reproduction dans Peintures et pastels de René Ménard (Librairie Armand Colin, 1923). D’après ses carnets[1], dans lesquels il consignait sa production mois par mois, l’artiste a réalisé sept versions de cette composition entre juillet 1911 et septembre 1912, parmi lesquelles six peintes à l’huile et une réalisée au pastel. L’étiquette de la galerie parisienne Allard au dos de notre version et son format permettent d’identifier celle-ci comme datant d’août 1912 et de lui rendre son titre : La Mare soleil couchant.
Sa composition illustre l’intérêt d’Émile René Ménard pour la nature et les paysages pastoraux oniriques ainsi que pour les ciels et les effets atmosphériques. Son camarade Lucien Simon écrit en préface du catalogue de l’exposition rétrospective que lui consacre la galerie Charpentier en 1930 qu’il « a poussé plus loin que quiconque l’étude des heures crépusculaires ».
Avec Lucien Simon, Charles Cottet, André Dauchez et René-Xavier Prinet, Émile René Ménard fait partie d’un groupe d’artistes que la critique d’art a désignés sous le terme de « Bande noire » en raison de leur utilisation privilégiée de couleurs sombres. Ce tableau illustre à ce titre la maîtrise d’Émile René Ménard des clairs-obscurs, la lumière irradiante du coucher de soleil contrastant avec les teintes sourdes du paysage, subtilement rehaussées par quelques touches de vert.
[1] Carnets conservés à la BnF





